Les carrelets, emblèmes de notre territoire !

Le Médoc est, certes, une grande histoire de vin, mais c’est aussi une belle histoire d’eau. C’est là que, protégés par une végétation luxuriante, ces petites constructions en bois auxquelles on accède par une passerelle, jalonnent les rives du fleuve et de l’estuaire. Peu visibles de la terre, où on les devine plus qu’on ne les voit, ces petites cabanes de pêcheurs font la notoriété du territoire fluvial.
Petites sœurs des cabanes tchanquées du Bassin d’Arcachon, les carrelets sont des baraques de pêche – ou plus exactement, selon leur dénomination officielle, des « installations de pêche » – montées sur pilotis et qui, par extension, ont pris le nom de leur outil principal, un filet carré qui surplombe le fleuve et s’actionne à l’aide d’un treuil.

Ces cabanes, qui paraissent au premier regard plus bricolées de bric et de broc que construites selon un plan rigoureux, répondent en réalité à des normes précises. Leur construction et leur exploitation se font sous contrôle. Si un particulier est propriétaire de son cabanon, il ne peut en aucune manière « posséder » le fleuve, il est donc « occupant temporaire » de son emplacement et une autorisation en bonne et due forme doit être délivrée par l’autorité administrative compétente. L’exploitant doit afficher le nom du titulaire de l’autorisation, le numéro de l’occupation et le point kilométrique.

Ceux qui y pêchent encore peuvent remonter dans leurs filets crevettes blanches, maigres, mules, mais surtout aloses et lamproies, particulièrement prisées des Girondins qui n’hésitent pas à aller les acheter directement au carrelet … Avec le temps, ces petits cabanons deviennent de plus en plus le refuge d’une pêche d’amateurs recherchant plus un week-end festif qu’un filet bien garni. Ne le déplorons pas trop, c’est peut-être ce qui leur permet d’être entretenus et de survivre …

Les carrelets, témoins d’un temps passé et d’anciennes traditions, font inévitablement partie du paysage de la Garonne et de la Gironde !